Le « REMEDE » face aux risques démographique, écologique et social : un Revenu d’Existence. Le modèle doit être international.
Risque démographique : Cela fait longtemps que cette « bombe » démographique est amorcée. D’éminentes sommités avaient, en leur temps tiré la sonnette d’alarme sur ce sujet. Pourtant, alors que notre planète ne comptait qu’un peu plus d’un milliard de terriens il y a 100 ans, nous sommes maintenant plus de 7 milliards et au rythme de la natalité, spécialement dans les pays pauvres, nous serons peut-être plus de 10 milliards dans 20 ans si nous ne proposons rien de mieux que des murs et des guerres pour défendre les « privilèges » des plus nantis au détriment d’une misère toujours croissante.
Ce n’est pas l’image que nous nous faisons de la démocratie et de notre devise humaniste : Liberté – Egalité – Fraternité….
Risque écologique et conséquences : Là encore tous les observateurs (à l’exception des « climato-sceptiques » – « pro-nucléaires ») soulignent depuis longtemps ce danger pour l’homme que le « toujours plus » dans un monde fini. Il s’en suit, comme on a pu le constater au Japon, des risques apocalyptiques qui provoquent misère, exodes et déchirement… Ceci quelles que soient les pays et le niveau de développement…
Risque social : C’est la conséquence des risques précédents. La solidarité mondiale, nationale ou régionale est à mettre en place dans une autre posture que celle de « dominant-dominés » et/ou pseudo caritative. Cette synthèse est particulièrement évidente
- dans les pays soumis à des catastrophes naturelles. Quelques soient ces pays (Louisiane, Haïti, Pakistan, Chine, Chili, Brésil, Australie, Japon …pour ne parler que des dernières),
- dans les pays qui veulent se libérer des dictatures pour vivre libres et dignes sur leur territoire.
Dans tous les cas, ce sont en priorité les populations pauvres qui souffrent. Souvent soumises à l’exode, elles migrent tant bien que mal, sont concentrées dans des « camps » de regroupement et soumises au pire conditions de vie… Conséquence de cette misère : ils font beaucoup d’enfants, seule garantie pour leur vieillesse mais en accroissant évidemment le risque démographique. La boucle est bouclée. Les conséquences sont dramatiques sous forme de guerres, guerre civile ou autre révolution dont c’est le plus souvent encore les populations les plus pauvres qui en font les frais…
Quels moyens humanistes proposons-nous pour juguler ces risques ?
Les deux mesures « phare » que nous avons déjà développées sont :
- le REMEDE - Revenu Economique Minimum d’Existence et de Dignité Européen (Le E d’Européen étant entre parenthèses dans un premier temps) associé à la
- Réduction du Temps de Travail (RTT) à 4 jours.
C’est l’approche d’une économie sociale et solidaire (de marché ?).
Quelle serait la contrepartie demandée à la population ?
- Pour les jeunes de 18 à 30 ans, ce sera de participer à un Service Civique Obligatoire de 6 mois sans autre revenu que le REMEDE. Ils seront employés à des Travaux d’Intérêts Généraux régionaux, nationaux ou internationaux. L’intérêt est évident : c’est de confronter les jeunes à la mixité sociale, de leur permettre de mettre en pratique un métier, de passer les permis, d’apprendre les gestes qui sauvent, etc.
- Pour l’ensemble des citoyens, c’est de leur demander en retour une plus grande responsabilité dans leur comportement, en particulier un meilleur sens civique concernant l’écologie, le patrimoine et la fiscalité.
- Pour le citoyen qui paye l’impôt, c’est avoir la possibilité d’en répartir la moitié en « votant » son propre budget, le cumul de ces souhaits représentant le souhait global des contribuables.
- Il en est de même pour les entreprises concernant l’affectation de la moitié de leur impôt. Ceci se fera par le système très connu des clefs de répartition (Comptabilité Analytique). Grâce à cet indicateur, l’Etat, le ministère du Budget intègrera cette clef pour le reversement des Budgets aux ministères, aux Régions et aux Communes en fonction de leur niveau de responsabilités.
Une fois cette organisation mise en place dans notre pays, il est possible de l’exporter à d’autres démocraties sous les conditions strictes du respect des Droits de l’Homme et du Citoyen. Si des accords sont passés, ils doivent permettre la libre circulation des personnes et des biens entre tous les pays adhérents à cette « charte ».
Pour démontrer que ce système est exportable et efficace, prenons des exemples et imaginons maintenant 4 pays :
La France dont le RE serait de 1 000 euros, le Mali dont le RE serait de 100 euros, la Pologne dont le RE serait de 400 euros et les USA dont le RE serait de 1 500 euros.
La règle (simple) serait la suivante :
« Chaque migrant vers un pays au REMEDE supérieur au sien bénéficiera du REMEDE supérieur payé par le pays récepteur. Chaque migrant vers un pays au REMEDE inférieur bénéficiera d’un REMEDE moyen entre les deux pays, payé par le pays ou la région d’origine. Les taxes et impôts seront prélevés à la source dans le pays récepteur »
C’est une façon de tendre vers de nouveaux équilibres et de combler progressivement le fossé qui nous sépare de ces pays sans n’en léser aucun. Tout le monde est gagnant.
Si l’on reprend l’exemple de nos quatre pays :
Un français migrant au Mali percevra de l’Etat Français un RE de 550 euros (Moyenne de 1000 et de 100) non imposable auquel s’ajoutera son revenu sur place s’il a un emploi (de coopérant par exemple). On voit immédiatement l’intérêt :
- l’Etat émetteur paye un RE au migrant inférieur à ce qu’il lui aurait payé sur le territoire national.
- Le Migrant touche un RE plus de 5 fois supérieur à celui du pays de destination.
- L’Etat de destination bénéficie des compétences du Migrant, de sa consommation (TVA) et de ses impôts et taxes…
- La société sera apaisée car elle aura évacué le faux problème de l’immigration, des sans-papiers ou de la néo-colonisation.
Un chercheur migrant vers les USA percevra des USA un RE de 1 500 euros et, comme partout, recevra son salaire, paiera ses impôts et taxes sur place. Les USA bénéficieront donc d’un cerveau. Charge à la France d’être plus attractive pour attirer de nouveau ses chercheurs…
Un polonais migrant au Mali percevra de la Pologne un RE de 250 euros etc.
Comme on le voit, quel que soit les cas de figure, tout le monde est gagnant. L’immigration ne se fera que si le pays destinataire est demandeur, c’est-à-dire s’il a besoin de personnel qualifié dans un domaine. Ceci est valable dans un sens comme dans l’autre. Pourquoi migrer ailleurs, avec tous les inconvénients de l’immigration si c’est pour vivre comme chez soi avec le minimum ?
Il n’est pas besoin d’être un grand économiste ou sociologue pour imaginer le bien fondé de ces mesures.
Si besoin était, connaissant l’abîme qui nous sépare de certains pays sinistrés, une taxe TOBIN peut être mise en place pour les aider à mettre rapidement en place un RE. On peut même imaginer débloquer un budget spécifique prélevé sur les budgets des défenses nationales des pays alliés pour initier le RE dans les pays du Sud.
Beaucoup de conflits pourraient être évités si, plutôt que d’envoyer des troupes ou de fournir des armements, on tentait de partager nos richesses et donner des fonds pour valoriser l’économie des pays et faire de la prévention pour éviter les catastrophes écologiques et naturelles…
Nous avons vu que le REMEDE comprenait un potentiel vital : quantité d’eau potable nécessaire à l’hygiène, quantité d’énergie, et potentiel « santé ».
Si ce potentiel ne pose aucun problème dans les pays du Nord, c’est un investissement important dans les pays du Sud. En effet, pour l’accès à l’eau, il faudra investir dans l’installation de puits et de réseaux de distribution. Pour l’énergie, c’est le solaire et l’éolien qui permettra une mise en œuvre rapide.
Et la Démographie dans tout ça me direz-vous ?
Vous aurez compris que le REMEDE est un préalable sans lequel il serait difficile de trouver une solution simple et viable à un problème aussi grave.
Répondons d’abord à quelques interrogations.
Sans négliger l’amour filial, qu’est-ce qui incite les « pauvres » à avoir beaucoup d’enfants ?
• Les uns, protégés par un système social kafkaïen peuvent bénéficier d’allocations diverses qui leur permettent de vivre plus ou moins décemment… c’est ce qui est appelé dans les DOM-TOM « l’argent braguette ». Vous en connaissez les conséquences… Des adolescents à l’abandon qui vont grossir pour la plupart les statistiques de la délinquance et du chômage (plus de 40%).
• Les autres, qui vivent dans des pays sans aucune protection sociale, ne pourront espérer vivre correctement leurs vieux jours que s’ils engendrent une grande descendance. D’un point de vue mathématique, la solidarité est pratiquement garantie… mais au prix de quelle misère générée !
Tout cela ne fait qu’aggraver le risque démographique pour notre planète.
« Le monde périra étouffé par les berceaux » disait en 1991 le Commandant Cousteau…
Claude Lévi-Strauss comparait la population mondiale à des vers de farine étouffés par leurs excréments. (voir les citations)
Notre planète compte actuellement plus de 7 milliards d’habitants et la tendance ne s’infléchit pas malgré les désastres sanitaires, les catastrophes naturelles ou les conflits…
Le REMEDE peut donc être un excellent « remède » pour réguler cette démographie. Il est possible, pour chaque pays qui adopterait ce concept, de diminuer ce revenu au delà, par exemple, du second enfant pour un couple. Il serait fortement dégressif voire même complètement supprimé et serait alors à la charge des parents jusqu’à la majorité.
Ce système est incitatif et certainement plus « doux » que le malthusianisme drastique de la méthode chinoise qui limite la descendance à un enfant par couple.
Paradoxalement, alors que dans la société actuelle ce sont les « pauvres » qui « font » des enfants, avec le REMEDE, ce serait l’inverse. Seules les personnes « nanties » pourraient avoir plus d’enfants à condition de prendre la responsabilité de subvenir à tous leurs besoins jusqu’à leurs majorités. Ceci avec la garantie obligatoire d’une assurance privée en cas de perte de revenu (par exemple). Le RE ne sera distribué ensuite qu’à la majorité des enfants.
Avec ces garanties pour tous, vous pouvez même imaginer qu’un jour, les héritages démesurés seront abrogés car ils créent de fortes inégalités de naissance. Il en est de même pour les droits d’auteurs transmis sur plusieurs générations…Toutes ces mesures seraient prises au profit d’un héritage solidaire et national enrichissant un patrimoine industriel et culturel. Le REMEDE serait alors le dividende d’un patrimoine régional, national et (pourquoi pas ?) planétaire qu’il nous faudra préserver pour les générations à venir. D’autres auteurs l’ont du reste nommé dans un langage volontairement capitaliste le « Dividende Citoyen ».
Juste un point,
Je recommande ces deux super vidéos de Paul Grignon « L’argent Dette », pour mieux comprendre la monnaie et nos dettes
http://www.dailymotion.com/relevance/search/l%27argent%20dette#hp-h-9
…Le lien avec le « remede » est de mieux comprendre les repères de l’adversaire, les mécanismes de croissance de l’argent au détriment des populations
Merci à Bernard pour ton site et ton activité « media actif »
avec ton autre lien http://www.archive.org/details/le_revenu_de_base
tu viens de me faire découvrir l’existence structurée en Allemagne de groupes favorables au Revenu de Base , un vrai rayon de soleil dans ma journée